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L'effeuille temps cherche à expérimenter le temps dans ses multiples dimensions :

Temps cyclique, temps linéaire

Le temps linéaire avec le geste ample de la ligne, son départ, son arrivée,

ses ruptures... Le temps cyclique par la répétition lente de la traversée d'un point

de l'espace temps à l'autre. Le regard en plongée dans la profusion de lignes se perd dans un espace qui devient presque atemporel.

J'ai à cœur d'offrir un temps suspendu, un temps tracé, inscrit, ostensible,

un ralentissement, un don de temps dans un monde où nous ressentons autant

son accélération que son manque.

 

De manière presque animiste, je cherche à convoquer la mémoire des forces élémentaires que contiennent l'encre minérale et le papier végétal. En cultivant pour

ce faire, un état de vide qui tente d'entrer dans l'épaisseur du temps ; par la répétition de la ligne, ce ''même'' jamais pareil, j'expérimente la sensation du mouvement cyclique, organique qui vient habiter des formes imprévues. Je reçois ces rencontres et j'en accompagne le dialogue par des choix non prémédités laissant l'espace à l'imaginaire et la projection de celui qui regarde.

 

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Je pratique ce que je nomme la ligne intuitive :

La ligne intuitive est libre. Elle ne veut rien et suit le relief. Elle trace son chemin en temps réel et découvre lentement

son parcours. Elle écoute une voix interne qui déverse des images en flux venues du fond des yeux. Du puits de la conscience, elle ramène des formes, des vitesses, des mouvements et en esquisse les contours sur la trame d'un monde mouvant. Elle tente de traduire le flot incessant du miroir intérieur. Elle cerne des territoires où le dedans et le dehors se confondent, se mélangent, s'échangent. Elle ne raconte rien, elle évoque, furtivement, en passant. A peine là, déjà ailleurs. Elle n'a pas de sens. Elle n'est pas déterminée. Elle est ouverte.

Comme l'eau elle coule et se moule aux berges étroites, aux lacs et étangs parfois jusqu'à l'océan.

Elle rend compte d'une expérience d'effacement, de retrait de la volonté en moi.

Elle sonde le vaste calme dans ses profondeurs pour essayer d'en extraire des espèces singulières qui n'ont pas encore de voix et leur donner la possibilité de s'actualiser, de s'incarner, de « s'enligner ».

Elle n'a ni début ni fin, elle s'échappe et elle revient.

 

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